Une Maison des Adolescents pour Annecy
Si les jeunes de 12/25 ans connaissent une période de vulnérabilité dans leurs liens sociaux, leur insertion, leur orientation et souvent
leurs moyens de vivre, leur hygiène et leur santé, peu d’entre eux s’adressent spontanément aux services institutionnels ou associatifs qui pourraient
les aider. Ce sont malheureusement les plus exposés qui s’isolent. Dans les situations de détresse, on constate que ces jeunes ont longtemps dérivé vers des espaces dépourvus d’acteurs
sociaux, ou rebondi entre des lieux d’accueil multiples, insuffisamment coordonnés ou trop spécialisés. Bénévoles et professionnels partagent ce constat avec les parents,
les amis et les alliés des adolescents concernés, au sein des nombreux services publics ou associatifs à vocation éducative, sanitaire ou sociale.
Une quinzaine d’associations et de services ont donc cherché à mutualiser leurs pratiques d’intervention pour optimiser leur accessibilité et leur efficacité. Il
s’agit de faire mieux connaître l’offre, d’harmoniser l’accueil et les réponses apportées, d’accompagner les jeunes sur des trajectoires complémentaires et interactives, tout en respectant les
espaces intimes et privés de chacun. La formule recherchée pourrait s’inspirer du modèle des « Maisons des adolescents », tel que plusieurs villes de France l’ont mis
en œuvre sur des dimensions très variables. Sans créer de structure supplémentaire, une sorte de « guichet unique » serait offert aux jeunes
mais aussi à ceux qui y sont attentifs : familles, bénévoles, enseignants... Des ressources, des diagnostics et des savoir-faire seraient ainsi partagés, sans renoncer aux spécificités de
chacun ni confondre les mandats officiels (éducatifs, sanitaires, sociaux, judiciaires…). En pratique, l’accueil serait assuré par des vacations décentralisées d’intervenants des services
participant à la structure, coordonnés par un noyau d’animateurs permanents. Surtout, les dysfonctionnements propres à chacune des composantes comme à leurs
interfaces seraient soumises à des analyses concertées, au sein d’un comité collégial transversal d’où seraient également initiées des modalités d’animation originales, récréatives ou
festives : colloques, petits-déjeuners ou cafés-débats, festivals…
Peu coûteux car s’appuyant sur des dispositifs existants, rentable car il aura justement pour effet de les rendre plus productifs, souhaitable car trop de jeunes sont réellement en
souffrance, ce programme est officiellement préconisé par l’Etat selon un « Appel à projet » renouvelé chaque année. Un financement partiel est proposé en
investissement et en fonctionnement, à la condition d’un engagement local politique et financier équivalent. Les élus de la majorité auxquels ce projet a été présenté se montrent pour le
moins sceptiques et circonspects, quand ils n’y sont pas ouvertement hostiles. Ceci en dépit de la contribution expertale largement concertée qui leur est offerte, et d’un remarquable
travail de préparation et d’enquête par les services municipaux eux-mêmes…
Candidats de la gauche, nous considérons d’une part qu’une société qui ne reconnaît pas les difficultés de ses jeunes est en danger, d’autre part que l’adolescence concerne bel et bien
tous les âges. Nous prioriserons donc ce projet.