Lundi 13 mai 2013
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Après quelques jours de repos, voici que je rentre à Annecy et fais le tour de ce qui s’est dit pendant cette courte absence,
particulièrement dans la presse.
La grosse annonce semble être l’entrée en course plus ou moins officielle de Lionel Tardy pour les prochaines
municipales. Tant mieux ou tant pis : chacun peut se faire son opinion. En démocratie, chacun a le droit de se présenter, avec son programme. Mais là, cela ne semble pas le cas,
puisque l’intéressé évoque le premier tour comme une primaire entre lui et M. Rigaut. Bref, de ce côté-là de l’échiquier politique, on se bat pour la place, pas pour les idées.
La violence du propos ne vient pas tant de cette annonce, après tout bien légitime. Non, elle vient du fait que la presse
présente le député comme le principal adversaire du maire sortant.
Je sais qu’il n’est jamais bon, selon les canons de la communication bien policée et convenue du monde politique, d’étaler ses
états d’âme. Mais enfin, ceux qui suivent ce blog depuis longtemps connaissent mon humanité et mon impossibilité à suivre ces codes. Alors je vais vous dire ce que j’ai pensé de l’annonce de
ce duel, tant désiré par la presse.
D’abord j’ai été blessé, parce que je trouve cette analyse fausse et injuste
(mais je connais aussi le pouvoir des prophéties auto-réalisatrices). Fausse parce qu’électoralement parlant, cela fait bien longtemps que la gauche annécienne fait des scores
importants à Annecy et est la deuxième force politique de la ville. Elle a donc légitimement le droit au titre d’outsider dans la campagne qui s’annonce.
Injuste (et je hais l’injustice à un point que peu imaginent), parce que depuis plus de 5 ans, la force
politique qui localement porte la contradiction, le débat et fait vivre la démocratie, ce sont les deux groupes de gauche. Jamais nous n’avons entendu M. Tardy sur les sujets essentiels.
Lui, préfère aller rencontrer les Annéciens à quelques mois des élections, quand cela fait des années que nous les cotoyons (pour vivre à leurs côtés, nous…) et que nous les défendons. Injuste,
parce que notre investissement en temps, en énergie, en travail (avec 3 à 4 soirées par semaine de réunions pour le compte de notre mandat) est énorme. Il se fait au détriment de la vie de
famille, des amis, mais pour les Annéciens. Inutile de s'appitoyer, nous l'avons choisi, mais quand beaucoup parlent du tous pourris, il est bon de le
rappeler tout de même.
Nous ne revendiquons aucun titre, pas même celui d’outsider dans la prochaine élection. Si cela plait à la presse d’adouber M.
Tardy et de choisir à la place des Annéciens, contre leurs votes réitérés votes après votes, cela nous est égal. Nous ferons sans la presse. Parce que nous n'adhérons pas à cette manière-là
de faire de la politique : par la communication, sur des effets d'annonces.
J’en ai assez d’être le gentil garçon, l’opposant qui amuse la galerie, comme trop souvent je suis décrit dans ces papiers qui
servent à remplir des pages de journaux. Dans quel état serait le débat politique local si nous avions uniquement MM. Tardy et Rigaut l’un contre l’autre ? Franchement, ça ne
volerait pas bien haut. Le JEUNE (sous-entendu inapte, et donc inoffensif) politique que je suis, aimerait juste qu’on respect son
travail et celui de ses colistiers, comme je respecte le travail de législateur du député Tardy et le travail de M. Rigaut (même si je ne suis pas d’accord).
On me souffle à l’oreille que je n’aurais pas dû écrire cela parce que ça donne l’image d’un leader touché et blessé. Je réponds, en finissant ce papier, que je suis juste un homme avec
mes états d’âme et mes sentiments. Mais que loin d'être abbattu, ces diversions renforcent ma motivation et ma volonté de porter une autre politique pour Annecy, parce
que, nous les Annéciens, nous y avons droit. Et que peu importe ce que pensera la presse puisqu’elle a déjà choisi le duel qu’elle voulait mettre en lumière pour la prochaine élection et que
nous ne faisons pas partie du casting.
Le monde politique est un monde violent. C'est une évidence. Mais dénoncer cette violence et la manipulation des masses, c'est déjà faire un pas vers une autre manière de faire de la
politique. De la politique au service des idées et des hommes, pas de l'audimat.
Denis Duperthuy
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