Hier soir, je suis intervenu au nom du groupe pour poser une question diverse concernant la qualité de l’air sur notre ville et les actions envisagées pour l’améliorer.
Chacun sait que nous sortons d’un épisode long durant lequel la qualité de l’air a été très mauvaise. Les seuils d’alerte ont d’ailleurs été déclenchés sur plusieurs jours.
En parcourant le site transalpair.eu j’en ai tiré le graphique suivant qui part de 2009 et s’arrête à hier (jour du conseil municipal). Chaque bâton représente un jour de l’année et sa hauteur désigne l’indice de qualité de l’air (de 1 : Très bon à 10 : très mauvais).
Que remarque-t-on ?
1) Avant 2012, l’indice maximum atteint était de 8 (mauvais). L’indice dépassait assez peu souvent le niveau 6 (médiocre). Très peu de jours sont en niveau 2 ou au-dessous.
2) En 2012, l’indice dépasse pour la première fois le niveau 8 (ce qui signifie un taux de concentration des polluants très important), notamment en saison hivernale et estivale. En même temps, et paradoxalement le nombre de jours à moins de 4 semblent plus importants.
3) En 2013, le nombre de jours où l’indice a été à 9 est très (trop) important par rapport aux constats des 4 années précédentes.
Bizarrement si la moyenne selon les années semble assez stable (ce qui plaide pour l’idée d’une stabilité de la pollution atmosphérique), la variabilité des indices s’est largement accrue. Pour le dire autrement, en 2009 et en 2012 l’indice moyen annuel a été d’environ 4.369. Mais le nombre de jours de grosse pollution a été bien supérieur en 2012, tout comme le nombre de jours où l’air a été plutôt meilleur.
Cela ressemble à un dérèglement des flux atmosphériques. On semble entrer dans un processus de masses atmosphériques plus chaotique.
Ces résultats seront pour certains commentateurs plutôt encourageants, ils ne retiendront que la moyenne. Pour moi, qui ne suit pas expert de climatologie mais qui ait un peu l’habitude d’étudier des courbes et des graphiques, c’est très inquiétant.
D’ailleurs les courbes parlent toutes seules. Si l’on compare le nombre de jours dans une année où l’indice a été de 9 ou 10 (soit les indices les pires) voici ce que l’on obtient (je rappelle que ces relevés ont été faits jusqu’au 18 mars et qu’il s’agit du nombre de jours effectifs, constatés en 2013 soit à moins du quart de l'année, pas d’une extrapolation) :
Si maintenant on observe le nombre de jours où cet indice a été de 8 ou plus, on obtient la courbe suivante :
Ces indices, derrière les illusions de la moyenne, montrent que notre qualité d’air, sur Annecy, se dégrade très rapidement. Il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais de constater la réalité en face. Les sources de pollution de l’air sont connues : voitures et chauffage domestique. Ce sont sur ces deux facteurs qu’il faut agir d’urgence.
Or, j’ai rappelé à M. Rigaut la décision insensée face à ce constat prise par la communauté d’agglomération le mois dernier de ne pas doter le budget des transports en commun des moyens nécessaires à leur développement. Le nombre de voitures a doublé en 20 ans sur l’agglo : c’est vrai. Mais cette augmentation n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de politiques en faveur du tout-voiture menées par des hommes politiques qui aujourd’hui encore sont aux commandes.
La non-augmentation du taux du versement-transport pour améliorer la desserte de l’agglo par la SIBRA est un contre-sens face à l’urgence à agir. La volonté affichée de construire encore de nouvelles voiries (Tunnel sous le Semnoz, déviations, doublements…) est une faute pour la qualité de notre air.
Inutile de rappeler ici deux évidences : 1) la pollution atmosphérique a un impact direct sur la santé humaine et 2) le maire est responsable de la protection sanitaire de ses populations.
La non-réponse de M . Rigaut concernant ma question montre malheureusement l’absence de prise de conscience face à ce défi pour notre environnement, notre image (y compris touristique) et la santé des populations. Nous attendons une autre hauteur de vue la part du premier magistrat de la préfecture de notre département et des actions concrètes en matière de développement des transports en commun publics et de la transition énergétique du bâti.
Denis Duperthuy
Par Elus de la Gauche Annécienne

Derniers Commentaires