Voici une présentation qui a donné lieu à un travail de rédaction important et que nous tenons donc à
publier.
Jean-Pierre GAY
né en 49,
plombier-chauffagiste
Père de trois enfants, j’ai suivi leur scolarité en me formant dans le métier de parent à la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves). Je m’y suis fait pas mal d’amis, et c’est à propos de l’école des Romains que j’ai rencontré l’élu municipal Jean Excoffier, concernant les travaux à la maternelle que la mairie n’y ferait pas, en 1988. Pour s’y retrouver dans la jungle de l’éducation nationale, il est indispensable de bénéficier de l’éclairage du conseil local, cela permet d’envisager l’école au-delà du cas forcément particulier et subjectif de son propre enfant. J’ai vu la création des IUFM, j’ai répondu aux consultations nationales des ministres ; j’ai surtout apprécié un nombre certain de professeurs, lesquels ont su mettre en confiance les élèves.
Bien sûr, j’ai dû m’insurger contre l’idéologie des filières prétendues nobles.
Je me bagarre pour défendre l’enseignement professionnel, pour montrer que les élèves y abordent les disciplines générales avec des professeurs aussi bien formés qu’en établissement classique, au sein de plus petits effectifs. Son socle de formation initiale doit bien être valable puisque l’on constate qu’1 professionnel sur 2 exerce dans un autre métier que son métier d’origine. C’est-à-dire qu’il a pu changer de branche sans encombre à un moment donné de sa jeune carrière. C’est une question de goût, alliée à la nécessité ; savoir rebondir implique d’avoir confiance en soi, de garder l’esprit ouvert, de faire de la curiosité sa philosophie, de laisser libre cours à son sens de l’aventure, d’aimer le travail en équipe et d’échanger sa compétence avec celle des autres.
Ce qui m’amène naturellement à parler des structures dans l’entreprise. Clément appelait de ses vœux (lors de la dernière réunion de section) une troisième voix entre le communisme et le capitalisme ; un système dans lequel le profit du travailleur ne s’échapperait pas pour aller grossir le capital détenu par des gens extérieurs à l’entreprise. Il a ainsi défini ni plus ni moins le statut des sociétés coopératives ouvrières de production, comme celle dans laquelle je suis salarié-sociétaire. Qu’est-ce qu’une SCOP ? Le mouvement coopératif est-il un humanisme ? je répondrais volontiers : toute entreprise évolue sur le terrain de l’économie sociale. A partir du moment où l’on est plus d’1, on est dans le social, et travailler seul, ce n’est guère possible, ni souhaitable d’ailleurs.
C’est au milieu du 19°siècle, en même temps que le syndicat ouvrier, que sont nées les SCOP.
Leur nombre augmente peu au fil du temps, quelles que soient les circonstances politiques. On se demande souvent qu’est-ce qui empêche les travailleurs d’unir leurs destinées professionnelles ? On pourrait dire que dans le programme d’économie du lycée, il n’y a que quelques lignes consacrées à ce type de société commerciale…atypique. Cependant, il suffit d’être un petit peu attentif pour observer les SCOP existantes autour de soi.
Quand j’étais lycéen à Lyon, un camarade avait demandé à quelqu’un de sa connaissance de présenter son expérience de construction d’un habitat en coopération. Ces gens-là avaient créé une coopérative pour acheter le terrain et faire construire un immeuble afin de se loger (et non pas pour le louer ou le vendre, comme une banale SCI) ; les grands adolescents que nous étions se sont sentis stimulés par ces jeunes adultes, pleins de fougue ; avec de tels lions, nous étions en phase…
Je retrouve cet esprit dans notre liste, où, jeunes comme Denis et Kamel, ou d’un âge avancé comme Jean le psy et Gérard, chacun a le souci de transformer ses convictions en actes, de façon désintéressée, sans attendre d’hypothétiques lendemains qui chantent.
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