Jeudi 5 novembre 2009
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Le Dauphiné Libéré d'hier a publié un article sur le projet de réponse à un appel d'offre concernant l'incinération des déchets de la Ville de Cannes-Grace.
Le projet de réponse à cet appel d'offre concerne l'incinération de 30 000 à 40 000 tonnes/an de déchets sur une période maximale de 4 ans. Ce projet est en association avec Chambéry Métropole.
En effet, grace au tri des déchets, l'usine d'incinération de Chavanod est en sous-utilisation. Il manque actuellement 10 000 tonnes de déchets pour qu'elle fonctionne normalement ( le volume de
déchets incinérés diminue sur l'agglo notamment, malgré l'augmentation de la population, ce dont on ne peut que se réjouir). Ce chiffre aurait été de 15 000 tonnes si on n'avait pas accepté (ne
mai) de bruler les déchets banaux des entreprises, mais j'y reviendrai. A Chambéry métropole le déficit de déchets est de 20 000 tonnes par an.
Les tonnages livrés par Cannes se répartiraient à 50/50 entre le SILA et Chambéry.
Je me suis étonné de cette délibération qui, hasard de l'écriture des points à l'ordre du jour du conseil du SILA, suivait une délibération concernant la volonté du SILA d'acquérir la certification
environnementale 14001. Dans cette déclaration de politique générale il est dit "
Le SILA ... prend les engagements suivants:
1. Respect des exigences légales et réglementaires.
2. Réduction de l'impact environnemental de ses installations, notamment des émissions de GES. Cette réduction passe... en ce qui concerne SINERGIE:
- diminution des rejets en NOx (oxydes d'azote) des fumées
- adaptation (diminution) des capacités d'incinération de SINERGIE aux besoins des EPCI adhérents du SILA en privilégiant la valorisation sous toutes ses formes (énergétique, matière...) ce qui
permettra de réduire l'empreinte écologique de SINERGIE."
Le président m'a répondu que le souhait du SILA de répondre à cet appel d'offre permettrait d'équilibrer le budget des ordures ménagères. C'est déjà l'argument qui avait été avancé en Mai dernier
pour autoriser l'incinération des biens banaux des entreprises (5000 tonnes à 100€ la tonne soit une recette supplémentaire de 500 000€).
La réponse à l'appel d'offre contient effectivement un transport par train jusqu'à Chambéry. Lorsque la question a été posée, évidemment il a été répondu que le transport Annecy/Chambéry se ferait
par camions (4 selon le président). Ce chiffre me parait d'ailleurs relativement faible.
Mais, en réalité, Chambéry brule une partie des déchets d'Albertville. Donc selon le président l'accord serait au final que le SILA récupérerait les déchets d'Albertville et que Chambréy brulerait
l'ensemble des déchets de Cannes. Bref, les camions n'empreinteront pas l'autoroute mais les bords du lac...
Au final, j'ai été le seul à m'abstenir lors de cette délibération. L'ensemble des autres membres du comité votant pour. A la réflexion, il est vrai que j'aurai du voter contre.
Pour moi, cette décision montre bien qu'on est encore loin d'etre sorti d'un système de gestion des déchets uniquement basé sur une vision financière des choses (le fameux équilibre budgétaire). On
n'intègre pas encore le bilan écologique des décisions prises. Car si nous l'avions intégré nous aurions effectivement vu que le cout (financier+ écologique) de cette décision était largement
supérieur au bénéfice (financier + écologique).
En résumé,
- un SILA qui, malgré les déclarations, reste cantonné à une vision uniquement financière des décisions à prendre
- une absence de schéma territorial de traitement des déchets qui favorise la course à l'échalotte de tous les gestionnaires d'incinérateurs pour "amortir les installations", et donc une
course au moins-disant
- des citoyens qui ne comprennent plus rien: ils trient leurs déchets pour réduire le recours à l'incinération et donc produire moins de déchets atmosphériques sur leur bassin de vie et un SILA
qui, pour combler ce manque de déchets, en importe d'ailleurs...
Concernant l'argument selon lequel sans cet apport il aurait fallu augmenter le TEOM, l'étude réalisée récemment montrait que l'on pouvait supprimer un four d'incinération en maintenant le taux de
TEOM inchangé, sans recours aux déchets extérieurs. C'est donc un faux argument car personne ne pouvait prévoir que Cannes aurait des déchets à bruler.
Denis Duperthuy
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Publié dans : SILA
Par Elus de la Gauche Annécienne
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