Jeudi 12 novembre 2009
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Les discours des défenseurs de l'incinération des déchets cannois par le SILA est de plus en plus complexe à comprendre (le contorsionnisme est un art
difficile). Il faut avoir suivi toute l'affaire depuis le début pour s'y retrouver.
Tout d'abord, les faits.
L'usine d'incinération de Chavanod est en sur-capacité (depuis la fin de l'accord d'incinération d'une partie des déchets de Chambéry, le temps de la construction de son incinérateur). La
baisse des tonnages, liée à la chute de l'incinération des déchets venus de l'extérieur, ne date pas d'hier et a provoqué une baisse des recettes déjà l'année passée. Ceci
n'a en rien mis en péril le SILA financièrement.
Il est donc erroné de dire que le fait de ne pas accpeter les déchets cannois viendrait impacter le budget du SILA: les déchets cannois ne sont actuellement pas des recettes pour le
sila. Ne pas accepter les déchets cannois reviendrait simplement à laisser passer la "possibilité d'avoir des recettes supplémentaires" mais ne grève en rien le budget actuel du SILA.
Deuxièmement, on nous dit que l'absence de ces recettes supplémentaires entrainerait une hausse des taxes pour les habitants car les dépenses courantes restent les memes. Ce n'est
pas ce qui a été indiqué au comité du SILA. Le Sila nous a dit que lorsque le volume de déchets est trop peu important, on arrete déjà le 3ème four pour faire des économies. Si on
fait des économies, c'est donc bien qu'on n'a pas besoin de déchets supplémentaires à incinérer et que faire venir des déchets de Cannes revient à décider d'utiliser le 3ème four tout le
temps.
La question que je me pose est bien celle de la gestion du SILA : que se passera-t-il si l'appel d'offre pour bruler les déchets de Cannes par le SILA n'est pas retenu? Va-t-on vers un dépot de
bilan du Sila? Une hausse des taxes? Je crois qu'il faut rester sérieux. Personne ne pouvait prévoir que des ordures supplémentaires seraient disponibles à Cannes. Tout le
plan de fermeture du 3e four a été élaboré (et présenté aux élus) sans ces recettes supplémentaires et sans hausse des taxes. Est-ce à dire qu'on aurait dissimulé la vérité aux
membres du comité du Sila?
Ensuite, certains parlent de "solidarité entre les territoires" pour justifier l'incinération des déchets cannois. C'est une erreur. Le SIVADES a fait le choix de la
non-incinération de ses déchets. Il privilégie l'enfouissement et l'exportation. C'est son choix. Mais lorsque l'on fait un tel choix, pérenne dans le temps, on l'assume. Et les autres
Syndicats ont parfaitement le droit de ne pas vouloir importer des déchets. Il n'y a donc pas de solidarité entre territoires à avoir puisque cette situation est pérenne. Cannes ne
veut pas d'incinérateur sur son terriotire. Elle passe donc régulièrement des appels d'offre pour les faire bruler ailleurs. C'est une simple logique de marché. Je ne vois pas de
solidarité à avoir dans ce cas. C'est comme si demain la France décidait de ne plus incinérer ses ordures et les exporte ailleurs. Verrait-on les dirigeants des pays importateurs arguer d'une
solidarité avec la France? Non, ils parleraient simplement de la réalité des faits : des sous en plus.
Enfin, les motivations de Chambéry et d'Annecy ne peuvent pas etre mélangées comme s'il s'agissait du meme problème. Chambéry attend la fermeture de l'incinérateur de Pontcharra.
Elle a donc des installations neuves qui vont continuer à fonctionner demain. Elle a donc vraisemblablement tout intéret à importer des ordures pour rentabiliser dès maintenant son installation. Ce
n'est pas le cas du SILA. En plus, les déchets arrivent en train à Chambéry, en camions à Annecy.
Le SILA se trouve devant une baisse durable des volumes à incinérer. Le temps n'est pas à l'attente, mais à l'action pour adapter nos capacités de traitement aux volumes
futurs.
Dès lors, je maintiens mon opposition à ce projet. J’appelle à la responsabilité environnementale de chacun
et à la poursuite des engagements pris par le syndicat à savoir : valorisation énergétique de l’incinération des déchets, fermeture du troisième four,
création d’une unité de compostage/méthanisation et incitation au tri sélectif. A court terme ces mesures sont couteuses financièrement.
A long terme elles créeront des recettes supplémentaires pour le SILA. Elles ne sont donc pas incompatibles : des outils financiers existent pour celà, tels que l'emprunt. Mais il faut un réel courage politique pour prendre
rapidement les décisions qui s’imposent et non pas repousser ces décisions à plus tard.
Denis Duperthuy
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Publié dans : SILA
Par Elus de la Gauche Annécienne
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