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Dans un article récemment publié sur Mediapart, l’économiste G. Le Blanc (étant donné son parcours qui ne semble par franchement pro-interventionniste) annonce que la taxe carbone va entrainer un nouveau modèle économique.
Pour cela, il croit qu’elle peut être à l’origine d’une troisième (ou quatrième si on compte la révolution numérique) révolution industrielle basée sur les technologies vertes. La taxe carbone deviendrait alors le point de départ d’un cercle vertueux de diffusion de ces technologies dans toute la société.
Pour lui en taxant l’essence, l’électricité et le fioul, on pourrait obtenir des fabricants de voitures par exemple, ou d’EDF, qu’ils investissent plus dans les technologies vertes (c’est-à-dire pour EDF et le gouvernement y compris le nucléaire…). On peut toujours essayer de se creuser la tête pour comprendre le mécanisme, celui-ci n’existe pas. Il n’y a pas de lien entre une taxation des consommateurs et la production des producteurs. Pour que ce cercle vertueux se mette en place, il faudrait qu’il existe des produits de substitution.
De plus, il existe une autre manière pour inciter les producteurs de voitures ou Edf ou Total à produire des produits moins polluants, il s’agit tout simplement de la réglementation. L’Etat peut et doit intervenir pour obliger ces constructeurs à produire des produits plus performants et moins polluants. Nul besoin pour entrer dans la révolution verte de taxer les consommateurs. L’Etat doit fixer des normes plus drastiques.
Enfin, parler de révolution industrielle à tout bout de champ est un non-sens. Une révolution industrielle n’est pas simplement un changement dans les technologies des produits fabriqués, elle s’accompagne toujours d’une modification en profondeur de la société (naissance et amplification du salariat, exode rural…). Etant donné la taxe carbone telle qu’elle est proposée aujourd’hui par le gouvernement, il y a peu de chance de voir ces changements socio-économiques de fond avoir lieu. Au contraire, elle vise à sauver un système libéral au bord du gouffre. La meilleure preuve en est que bien d’autres pays en Europe et dans le Monde ont déjà adopté depuis plusieurs années une telle taxe carbone, sans que, jusqu’à présent, je n’ai entendu parler de l’émergence d’un nouveau système économique.
La taxe Carbone du gouvernement, basée sur un système sans produits de substitution, n’a pas pour objectif de changer le système,
mais de le conserver en l’état. Son objectif : la croissance verte comme création d’emplois dans la dépollution, et certainement pas l’innovation technologique qui demanderait alors
un investissement massif en argent public pour la recherche et le développement dans ce domaine.
Denis Duperthuy
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