Vendredi 4 septembre 2009
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Le débat sur la taxe Carbone telle que proposée par le gouvernement fait rage. Il est vrai qu'il s'agit d'un débat de sociétde fond. Il
s'agit de faire le choix entre une société libérale, capitaliste, où le seul repère est le prix ; et une autre société plus sociale, plus responsable soucieuse de la vérité et de la réalité des
choses.
Nous avons déjà dit ailleurs que le PS est favorable à une contribution climat-énergie. D'ailleurs V. Peillon vient de faire discuter une telle contribution au niveau
européen. Le procès d'intentions mené par certains sur notre désaffection vis-à-vis du thème de l'écologie relève uniquement de la posture politicienne, de la calomnie, sans
fondements.
La taxe carbone prônée par le gouvernement, malheureusement rejoint par de nombreux Verts est une taxe libérale. Pourquoi libérale ? Dans la vision économique libérale, le prix d'un produit
est le résultat entre une offre et une demande. Le prix s'établit au niveau où l'offre est égale à la demande. S'il y a beaucoup d'offre et peu de demande, le prix sera faible, et vice-versa. Or,
pour les libéraux, tout peut potentiellement avoir un prix : les produits et services, l'eau, l'air, le lac d'Annecy, la tonne de carbone, la pollution, les bébés, les vieux, etc...
Le problème est que ces prix sont fixés sur un marché entre des individus porteurs de leurs intérets personnels (pour les vendeurs faire le maximum de profits,
pour les acheteurs subvenir à leurs besoins). On obtient ainsi un prix qui est un optimum de marché car chacun repart content de la transaction. Mais ce prix n'intègre pas le cout
de la pollution. L'optimum de marché n'est donc pas égal à l'optimum social souhaitable qui lui devrait prendre en compte les couts liés à la dépollution.
Pour intégrer les couts liés à la dépollution il suffit, pour les libéraux, d'imposer une taxe égale au cout de cette dépollution (qu'il faut être capable de chiffrer...). C'est ce
qu'on appelle une taxe pigouvienne, ou taxe Carbone prônée par le gouvernement.
L'avantage c'est que la pollution permet de produire des biens et services et donc de générer du PIB, et la dépollution aussi. On crée ainsi de la "croissance verte": je pollue, tu
dépollues, je pollue, tu dépollues...... Je fais du profit, tu fais du profit, je fais du profit, tu fais du profit.... La croissance augmente, la croissance augmente... Mais la planète devient
alors le laboratoire à ciel ouvert que l'on pollue pour mieux dépolluer. Ce n'est pas notre vision de l'écologie.
Cependant, cette taxation pourrait avoir un impact positif s'il existait des produits non polluants capables de remplacer les produits polluants: des produits de substitution
"verts". Or, pour l'essence, le gaz et meme l'électricté ces produits soit n'existent pas encore, soit sont disponibles en si faible quantité qu'ils sont hors de portée pour la majorité
des français.
Dès lors la taxe Carbone sans produits de substitution se transforme en une taxe comme les autres à laquelle nul ne peut se soustraire. Elle devient un impot forfaitaire
socialement inadmissible. D'autant qu'au caractère forfaitaire de cette taxe, on ajoute le caractère injuste. On sait que la pollution est davantage généré par les
personnes pauvres qui n'ont pas les moyens financiers d'acheter des objets moins polluants, d'isoler leurs maisons, etc...
Il s'agit donc d'un impot qui sera davantage supporté par les plus pauvres et quasi indolore pour les plus riches. C'est comme si on proposait un impot sur le revenu inversé avec les taux
d'imposition les plus élevés pour les plus pauvres...
On nous dit que l'on va redistribuer cette taxe pour la rendre scialement acceptable. Chacun sait ce que celà veut dire : on nous prend 10 et on redistribue 7. Il ya toujours des perdants. Sans
compter que mettre en place un système aussi compliqué : collecte injuste de la taxe carbone, puis reversement sous forme de chèques, est une vraie usine à gaz, administrativement
lourde à gérer.
Et puis, est-ce bien sérieux ?
La taxe Carbone du gouvernement repose sur une idée simpliste de la réalité, une idée bête : "pollueur, payeur". Elle considère que les individus font des choix d'achats libres et
en conscience. Quand on fait son plein d'essence, on est tout sauf libre. Si certes, Total doit payer pour ses marées noires parce qu'il en est le responsable, les pauvres ne doivent pas payer
pour une pollution que certes ils génèrent mais dont ils ne sont pas responsables. A-t-on le choix de se loger à 30 km de chez soi parce que nos revenus sont insuffisants pour habiter Annecy?
Il s'agit là d'une vision qui déshonore la raison, une réflexion de bobos qui cherchent à bon compte à se dédouanner de leurs modes de vie polluants.
La réalité sociale est beaucoup plus complexe que celà, et c'est la compréhension de cette réalité complexe, loin de la bêtise du pollueur, payeur qui doit guider une action
réfléchie d'une gauche moderne, responsable et écologique.
Jean Jaurès disait : " Le courage c'est de rechercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de nos bouches et
de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques".
La raison ne doit pas être mise de côté lorsque l'on parle d'écologie, pour ne laisser place qu'à la culpabilité, aux procès d'intensions menés par des juges-inquisiteurs auto-désignés
meilleur écolo de l'année, et au final à l'émotivité qui est toujours l'arme de la manipulation des foules.
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Publié dans : Actu
Par Elus de la Gauche Annécienne
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