Samedi 31 janvier 2009
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J'ai vécu une manif vibrante de force et de la joie d'être aussi nombreuse.
On s'est tenu chaud dans les rues sans soleil balayées par la bise d'un 29 janvier. Ce jour-là circulait aussi le courant des grands jours, celui qui libère la parole et le contact. On se saluait,
on se tombait dans les bras, "tu es là toi, normal qu'on se retrouve ensemble à la manif ".
Portée par la marée j'ai navigué avec les Galeries Lafayette, les Téfal, les Rased, les Impôts, les profs, les postiers, les SNCF, les Dynastar, les soignants, les roulants, les métallos, les
actifs, les retraités, les jeunes, les publics, les privés, les sans nom mais pas sans voix, comme moi.
Les banderoles, les panneaux, les calicots, les drapeaux, les micros, lançaient haut et fort nos revendications, notre mobilisation, notre détermination contre le gouvernement antisocial, les
patrons cyniques et l'avenir sans espoir qu'ils nous réservent. Nous étions dans le flot large, calme et puissant, on ceinturait le centre ville. On se pressait du coude en voyant notre banderole
humaine se déployer, embouteiller la rue Royale, s'enrouler à l'Hôtel de Ville, stationner à Bonlieu, occuper la rue, toute la rue, de Décavision à l'avenue d'Aléry, de la Gare à Sommeiller, de
Royale à la Préf.
Nous étions fiers d'être là, heureux de sentir notre force vitale et solidaire.
Catherine
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