L'Essor Savoyard de cette semaine publie un article intitulé "A 60 heures par semaine, Laurent adore bosser !", dans lequel ce journal nous retrace la vie
professionnelle d'un jeune homme de 22 ans qui cumule deux emplois.
Nous ne nous arrêterons pas sur l'article qui vante les mérites d'une vie avec 60 heures de travail, tout en soutenant (à demi-mots) le slogan du "travailler plus pour gagner
plus".
Cette posture a quelque chose d'indécent : voir la presse locale se faire l'écho bienveillant d'un discours doxique (c'est-à-dire d'évidence non remise en cause) largement construit par le
gouvernement pour soutenir sa politique réactionnaire, voilà qui en dit long sur le positionnement politique défendu dans ces pages.
Nous comprenons parfaitement les justifications qui conduisent les personnes à vouloir travailler plus : plaisir au travail, rémunération insuffisante (qui est la motivation principale),
épanouissement personnel, etc. Toutes ces raisons sont justes et respectables. Mais d'un point de vue individuel. Du point de vue de l'intéret personnel.
Si l'on regarde du point de vue de l'intéret général, pour la société dans son ensemble, le problème ne change-t-il pas de nature ? Est-il bénéfique pour la société que des personnes cumulent
plusieurs emplois ? Cette question ne vise pas à culpabiliser telle ou telle personne, mais bien à réfléchir sur l'organisation sociale dans laquelle nous vivons, c'est-à-dire à questionner la
politique mise en place en matière de travail.
Ce n'est pas ici que nous allons développer notre réponse.
Nous voulions simplement nous désoler de voir des articles se satisfaire d'expériences individuelles pour les relater d'une manière bienveillante, accréditant ainsi des discours politiquement
marqués. Une interview de contradicteurs eût été bienvenue, nous semble-t-il...
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