Partager l'article ! Ouverture du FIFA: La cérémonie d'ouverture du Festival Internation du Film d'Animation d'Annecy s'est tenue hier soir dans la grande salle de ...
La cérémonie d'ouverture du Festival Internation du Film d'Animation d'Annecy s'est tenue hier soir dans la grande salle de Bonlieu, pleine à craquer comme
d'habitude. Evelyne Marteau et Denis Duperthuy étaient notamment présents. Après avoir entendu les discours d'usage, appuyant fortement, et à juste titre, sur la présence de nombreux auteurs
indiens (l'Inde est l'invité international dhoneur du festival) pour la durée du festival, nous avons pu avoir une rediffusion du tout premier dessin animé projeté en 1908 à Paris, dans une
version restaurée (Fantasmagorie d'Emile Cohl).
Yoni Goodman, directeur de l'animation de Valse avec Bachir, a ensuite introduit le film d'ouverture qui avait déjà fait couler beaucoup d'encre à Cannes. Le film (israélien) est un
récit autobiographique de l'auteur (Ari Folman), soldat de Tsahal et témoin du massacre de Sabra et Chatila, à Beyrouth Ouest en 1982.
Loin de tomber dans le pathétique et le sanglinolant, ce film se pose comme la quete d'un passé enfoui dans les mémoires, au point d'en devenir amnésique. Toute l'intrigue consiste alors pour le
réalisateur à retrouver la mémoire en cherchant à rencontrer ses ex-camarades d'armée.
Derrière l'histoire romancée, c'est bien une enquête sur les ravages (conscients et inconscients) d'une guerre qui sont abordés, mais aussi sur les processus de protection psychologique mis en
place par les témoins de massacres horribles.
Il est à noter que ce film est interdit au moins de 16 ans.
Pas un mot dans la salle durant la projection qui se termine dans un long silence après avoir vu l'énoncé des massacres de Sabra et Chatila. La salle est sous le choc des images. Puis des
applaudissements commencent à raisonner, pour finir dans une salve d'applauddissements d'une salle debout.
Un film fort, ambarrassant, à voir absolument. Mais surtout un film fait par des israéliens pour exorciser un secret qui hante toujours l'Etat hébreu, et nos pays. Bravo pour ce coup de force et cette leçon de courage. Dire qu'en France la guerre d'Algérie reste encore un tabou...
Derniers Commentaires