Jeudi 20 octobre 2011
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Ce week-end se tiendra un nouveau sommet européen pour parler de la crise économique, financière et bancaire. Avant-hier, l'agence de notation Moody's a annoncé
qu'elle s'interrogeait sur l'opportunité de mettre sous surveillance le fameux AAA de la France. Ce n'est pas bon signe. A chaque fois que celà a été annoncé, la sanction ne s'est pas faite
attendre et la note des pays concernés (Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, Italie) a été dégradée. La bonne nouvelle c'est que Moody's laisse 3 mois de répit...
L'Espagne va voir, d'ici deux mois, la moitié de ses bénéficiaires des allocations chômage arriver en fin de droits. L'Italie s'enfonce dans l'ornière
Berlusconi.
Franchement il n'y a pas de quoi etre optimiste pour l'avenir immédiat. Certains s'interrogent meme : l'euro passera-t-il l'hiver ? Ces question sont extremement
anxiogènes et paradoxalement plutot moins en France qu'ailleurs. C'est qu'en France la rigueur n'a pas encore commencé réellement, élections à venir obligent.
Je défends depuis toujours que la dette structurelle est l'ennemi des socialistes (je ne parle pas ici de dette en vue d'investissements). Car la dette c'est de
l'argent que la France emprunte à des gros pleins de sous (à 66% étrangers) et qui doit etre payé par les contribuables (majoritairement pas très fortunés). Bref c'est verser des rentes à des
très fortunés sur le dos des contribuables. Il faut donc combattre la dette publique provenant des déficits publics, et plus précisément du déficit structurel.
En effet, la dette actuelle de la France peut etre "découpée" en 3 origines :
- la dette liée au renflouement des banques de 2008 - 2009. Il est évident que les contribuables n'ont pas à payer pour les catastrophes générées
par le système financier. C'est aux banques et au système financier de payer, notamment via la taxe sur les transactions financières.
- la dette Sarkozy : contrairement à ce qu'il dit, le président actuel est le champion toutes catégories des endetteurs de la France. Ce sont ses
choix politiques en faveur des plus favorisés qui ont entrainé des pertes importantes de recettes fiscales pour l'Etat et ont ainsi largement contribué à augmenter les déficits publics.
- la dette liée aux déficits structurels de l'Etat qui vit au dessus de ses moyens. Ce déficit est encore de 1.8% du PIB en 2011.
L'Etat paye des fonctionnaires, paye des pensions, subventionne à crédit. Ce n'est pas tenable à long terme.
La dette n'est donc pas qu'une question de crise financière et de système financier irresponsable, elle est aussi une question d'impots et de dépenses publiques.
Soit on décide de réduire encore les dépenses publiques, mais le seul levier sur lequel celà pourrait encore avoir un impact suffisamment important pour combler le déficit structurel, c'est le
budget social. Soit on acte qu'on souhaite garder notre système social et alors la solution passe par une hausse des impots.
La seule réduction des niches fiscales n'y suffira pas. C'est clair. Une réforme fiscale juste, qui impose chacun selon ses possibilités est à mettre en place.
Cette réforme fiscale, portée par le PS, pourra d'ailleurs amener à la réduction d'impots pour les classes populaires.
Il faut etre clair : la croissance est absente pour quelques (plusieurs?) années. On ne peut plus compter dessus que de manière anecdotique. Il faut donc
faire avec ce que l'on a. D'ailleurs n'est-ce pas environnementalement souhaitable ?
La dégradation du AAA de la France serait une catastrophe pour notre pays. Nous devrions alors emprunter plus cher sans pouvoir dépenser plus en ivestissements et
en dépenses socialement utiles, juste pour payer des intérets. Les premiers à payer les pots cassés seraient alors les classes populaires via les aides, allocations, et autres versements sociaux
qui seraient alors dégradés; l'éducation; la santé...
Nous ne pouvons accepter cette perspective, en responsabilité. Mais les contribuables ne doivent payer que la part qui leur revient et non pas la part de dette qui
est imputable au système financier et aux cadeaux Sarkozy.
Il faudra en meme temps repenser le système financier international, le système bancaire, le role de la BCE... Mais le temps est au sauvetage de l'euro. Si la
France perd son triple A ce sont les grecs qui les premiers payeront. Aujourd'hui le Fonds Européen de Stabilité Financière a le fonctionnement suivant : les pays dont la note a été dégradée
(comme la Grèce) devraient payer plus de 20% d'intérets par an s'ils contractaient des prets auprès de leurs banques. Pour éviter cette spirale d'endettement pour payer l'endettement, les pays de
l'Union Europénne qui ont AAA ont décidé d'emprunter pour les grecs (à 2.9% pour la France par exemple). Bref, la France, l'Allemagne et quelques autres font les banquiers pour la Grèce. Si
demain la France perd son triple A, elle devra emprunter plus cher (environ 4% environ au lieu de 2.9%) et donc preter plus cher à la Grèce, qui aura encore plus de difficultés à rembourser et
devra s'endetter plus et ainsi de suite...
Le système financier est fou, certes. Il devra etre profondément repensé et changé pour l'intéret collectif des classes moyennes et populaires qui sont aujourd'hui
les vaches à lait. Mais l'urgence c'est de sauver le triple A de la France, pour épargner les français de la destruction de leur système de protection sociale, pour sauver la Grèce, pour
sauver l'euro et pour sauver l'Union Européenne.
Tous les moyens ne sont pas bons et ceux de Nicolas Sarkozy sont pires que le mal, lui qui déjà s'engage à ne pas augmenter les impots s'il est réélu et dit donc
aux francais, en creux, qu'ils devront bientot se souvenir de la sécurité sociale comme d'un lointain souvenir à ranger au musée.
Denis Duperthuy
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