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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 08:39

http://www.arnaudmontebourg.fr/

Les profits des sociétés du CAC 40 sont-ils utiles pour l’économie ?


 

 

 

Le chiffre est tombé comme une lame obscène : 83 milliards de profits pour les entreprises du CAC 40 en 2010. Le niveau d’avant la crise est presque rattrapé (96 milliards en 2007). Les actionnaires ont délocalisé les conséquences de la crise vers les seuls salariés et ils se distribuent les dividendes. L’année dernière 35 milliards, ont été distribués dans la poche des actionnaires, soit l’équivalent du grand emprunt. Et il y a belle lurette que ces profits ne font plus les investissements de demain et les emplois d’après demain. Ils font les dividendes et les délocalisations d’aujourd’hui. 

La moitié de ces 83 milliards échouera sur les comptes bancaires des possédants du capital, une minorité d’ultra-riches, c’est-à-dire en dehors de l’économie productive. L’autre moitié constituera les dividendes versés aux marchés, ces mêmes marchés qui spéculent contre les dettes souveraines. A l’intérieur de ces 50%, les deux tiers partiront hors de France car le CAC 40 est possédé à cette hauteur par des étrangers. « Mon job n’est pas de maximiser l’emploi en Europe » déclare Thomas Enders, le patron d’Airbus. Salariés, savoir-faire, outil industriel, territoires, les actionnaires de ces groupes méprisent tout, mise à part l’ultra-rentabilité. En 2005, Nestlé n’a pas hésité à fermer son usine de Saint-Menet. La cause : elle dégageait un taux de profit de 9%, quand les actionnaires exigeaient 13% minimum !

 

Pire que l’indécence, l’inutilité : A quoi tout cet argent sert-il ? A rien.

On nous dit que les grandes sociétés emploient 10% de la population active française. C’est vrai, mais elles ne créent plus d’emplois, elles en détruisent. Entre 2005 et 2009, les entreprises du CAC 40 ont supprimé 44 000 emplois en France, alors que le secteur privé en créait 200 000. Michelin a détruit 5000 emplois en 5 ans ; Renault, près de 12 000 et Sanofi a licencié 3000 personnes en 2009-2010 (dont 1300 dans la recherche).

Alors on nous répond que ces grands groupes renforcent la position économique de la France dans le monde. C’est faux. Pour vendre, ils doivent désormais offrir aussi leur technologie et leurs secrets. Les centres de recherche se multiplient en Chine, et avec eux les brevets. Même les sièges sociaux s’en vont peupler les cantons suisses où il n’y a pas d’impôt à payer. Les grands groupes ne renforcent pas la France, ils l’affaiblissent.

On nous dit que ces grandes entreprises investissent largement en France. C’est faux : Les mastodontes du CAC n’investissent plus dans notre pays pour les activités d’avenir. Alstom a racheté une société espagnole pour se lancer dans l’éolien et Saint-Gobain en a fait de même en Allemagne pour le solaire, tandis que Renault est passé sous la barre des 20% de voitures produites en France.

On nous dit que ces entreprises rapportent quand même beaucoup d’impôts à l’Etat. C’est encore faux. La recherche privée en France bénéficie du « crédit impôt recherche » et les sociétés du CAC pompent tous les allègements de charges à force de chantage. Celles-ci payent 12% d’impôt sur les sociétés contre 26% en moyenne pour l’ensemble des PME. De sorte qu’avec la complicité de l’Etat, ces entreprises sont devenues des robins des bois à l’envers qui prennent dans la poche des PME et des salariés pour engraisser les actionnaires.

On nous dit que ces grandes entreprises structurent l’économie. C’est toujours faux. Elles étranglent les sous-traitants, en pratiquant une politique de l’assèchement : paiement en retard, débauchage de cadres, rapt de brevets et surtout usage des sous-traitants comme amortisseur de la crise. En Allemagne, c’est tout l’inverse, les grosses entreprises savent soutenir et développer leurs fournisseurs.

On nous dit de ne surtout rien faire car ces entreprises partiraient. C’est faux. Elles partent de toute façon. Total a fermé la raffinerie de Dunkerque et en construit une à Jubail en Arabie Saoudite, délocalisant au passage ses émissions de CO² dans ce pays qui n’a pas ratifié le protocole de Kyoto.

 

En résumé, ces profits sont inutiles pour l’investissement, inutiles pour l’emploi, inutiles pour la France, inutiles pour l’Etat, inutiles pour le tissu économique des sous-traitants et inutiles pour l’ensemble des salariés qui ne voient pas la couleur de leurs efforts (les profits ont augmenté de 13% et les salaires de 2% en 2010). Pire, ces profits créent des tensions dans les entreprises en soulevant le cœur de chacun, du salarié au bas de l’échelle au patron à qui les actionnaires intiment l’ordre de ne pas augmenter les salaires. Les actionnaires sont devenus la cause majeure de la démotivation des travailleurs.

C’est pourquoi j’en appelle à l’alliance nouvelle des producteurs, qu’ils soient entrepreneurs, salariés, chercheurs, contre les rentiers et actionnaires C’est par l’inoculation de la démocratie dans l’économie que nous transformerons ce système révoltant. L’entreprise ne peut plus être gouvernée contre l’ensemble de ses salariés mais aussi contre les valeurs communes de notre société. Je propose donc 4 mesures de salubrité économique pour la France.

 

- Je propose de faire entrer les salariés dans les conseils d’administration des entreprises avec voix délibérative à hauteur du tiers des membres, pour qu’ils y défendent l’emploi et l’outil de travail qu’ont abandonné les actionnaires. Ils seront les défenseurs du patriotisme industriel.

- Je propose de rendre incompatible la distribution de dividendes aux actionnaires avec les licenciements économiques : les entreprises devront désormais choisir. Si elles veulent distribuer des dividendes aux actionnaires, elles ne pourront plus pratiquer de licenciements économiques. En revanche, si elles licencient, elles ne pourront pas distribuer de dividendes.

-Je propose d’attacher les rémunérations d’encouragement aux progrès réellement réalisés par l’entreprise (développement, investissement, emplois) et non à la seule rentabilité financière. Il nous faut par ailleurs accepter de mieux rémunérer les producteurs et ceux qui prennent des risques salutaires du point de vue de l’utilité productive, en asseyant les rémunérations exceptionnelles sur des indicateurs exclusifs de développement.

- Je souhaite enfin promouvoir le capitalisme coopératif, c’est-à-dire un autre modèle d’entreprise dans lequel le pouvoir est démocratique et non confisqué, les profits partagés ou réinvestis et non captés par les seuls actionnaires. Nous avons institué « liberté, égalité et fraternité » dans la société, nous pouvons aussi le faire dans l’entreprise.

 

 

Arnaud Montebourg

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Par Elus de la Gauche Annécienne

Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 11:46

Paris, le 16 mars 2011

Communiqué

Laurence Rossignol, secrétaire nationale à l’Environnement et au Développement durable

Aurélie Filippetti, secrétaire nationale à l’Energie

Philippe Martin, secrétaire national adjoint à l’Environnement et au Développement durable

 

Audit du parc nucléaire français

 

Le Premier ministre a annoncé mardi qu’il serait procédé à un contrôle de sûreté des centrales nucléaires, répondant ainsi à une demande énoncée dès dimanche soir par le PS.

Pour satisfaire à l’exigence de transparence et d’information, cet audit ne doit pas se limiter à la procédure habituelle de contrôles de sécurité des centrales déjà régulièrement effectués et publiés dans les rapports annuels de l’Autorité de sureté nucléaire.

Il doit :

-        associer des parlementaires, des personnalités, des scientifiques et des représentants de la société civile extérieurs aux autorités habituellement habilitées, afin de prendre en compte la diversité des approches.

-        inclure dans les facteurs de risques évalués l’impact des modifications climatiques et des évolutions sismiques.

-        indiquer la nature des investissements et opérations de maintenance en cours ou réalisés.

-        préciser les conditions d’approvisionnement des pièces et éléments de rechange, la part de la sous-traitance et du travail précaire dans les centrales.

-        communiquer rapidement le calendrier de cet audit.

 

En outre, il est urgent que le secret défense appliqué au rapport sur l’avenir de la filière nucléaire française (rapport Roussely), injustifiable sur le nucléaire civil, soit levé afin que tous les citoyens puissent disposer des éléments d’information nécessaires à la compréhension de l’avenir de la politique énergétique en France.

 

Il serait également utile que les conclusions du Conseil de politique nucléaire de février dernier soient précisées et clarifiées.

 

Pour que cet audit ne soit pas contesté, il est indispensable que sa composition et son cahier des charges ne soient pas critiquables.

 

 

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Par Elus de la Gauche Annécienne

Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 08:48

  

 

  

 

la CFDT Retraités et Sociétées et Humanismes organisent un débat:

 

Perte d’autonomie,

APA, Handicap, Ehpad,

Assurance privée ou solidarité nationale ?

 

 

SOIREE-DEBAT

 

Quel avenir pour les personnes âgées ? Quelle prise en charge par les collectivités :

conseil général, communes, région, nation ? Qui va payer ?...

 

Mardi 8 mars – 20h salle Pierre Lamy – Annecy

 

Les candidats aux élections cantonales en direct avec vous

Des parlementaires et élus régionaux donneront leurs points de vue

 

Débat animé par Thomas MESZAROS, universitaire, président de l’association Humanisme et Sociétés,

et J.-F. CULLAFROZ, journaliste,

avec le concours de librinfo74.fr

Pour tout renseignement :

 

06 07 94 76 65 et 06 61 16 08 64

 

 

http://www.cfdt74.fr - www.humanisme-et-societes.org - www:

librinfo74.fr

 
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Par Elus de la Gauche Annécienne

Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 11:07

Paris, le 21 janvier 2011

Communiqué

Communiqué de Marisol Touraine

Secrétaire nationale à la santé et à la sécurité sociale

 

Retraites : les masques tombent

 

Le gouvernement vient de rendre publics les projets de décrets d'application de la loi sur les retraites. Les belles promesses sont parties en fumée et les masques tombent.

 

Alors que la droite se parait de toutes les vertus et prétendait avoir entendu les inquiétudes des Français en prenant en compte la pénibilité, il n'en est évidemment rien. Seule une infime minorité de salariés, exposés pendant plus de 17 ans à des facteurs de pénibilité, pourra tenter de faire valoir sa demande de partir en retraite à 60 ans dans le cas où son taux d'invalidité en résultant serait inférieur a 20 %. La tâche sera d'ailleurs quasi impossible puisque la charge de la preuve incombera au salarié, face à une commission ne comprenant aucun représentant des salariés.

 

La droite confond pénibilité et invalidité. Pire, elle avait promis de tenir compte des protestations des Français en ramenant le taux d'invalidité nécessaire pour une prise en compte de la pénibilité de 20 à 10 %. Il n'en est rien.

 

Fondée sur des contre vérités dès le départ, la réforme de Nicolas Sarkozy se poursuit dans la même veine : mépris à l'égard des salariés précaires, injustice envers le monde du travail, ignorance de la pénibilité, tel est le lourd prix à payer pour une réforme qui, au demeurant, ne règle rien. 

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Par Elus de la Gauche Annécienne

Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 09:41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les inégalités de salaires se creusent en faveur des plus

riches

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21 décembre 2010

 

 

Bilan en demi-teinte pour l'intégration...

U

 

 

N DÉCROCHAGE est à l'oeuvre en France en matière de revenus. Et il se fait par le haut. Par le " très

haut " même : depuis une dizaine d'années, c'est à une

 

 

" explosion "

des revenus perçus par la frange

des 1 % de Français les plus riches que l'on assiste, pour reprendre le terme utilisé par l'Insee dans son

dossier " Les revenus et le patrimoine des ménages ", publié en avril.

Le phénomène avait été pointé, en juin 2007 par Camille Landais, chercheur à l'Ecole d'économie de Paris,

qui avait analysé la période 1998-2005. Il ne s'est pas démenti depuis. Il tient pour une part à la progression

des revenus du patrimoine et du capital que perçoivent ces

 

 

" très hauts revenus "

, comme les appelle l'Insee.

Mais il s'explique aussi et surtout - et c'est là le phénomène nouveau - par une embellie de leurs revenus

d'activité (les salaires principalement) sans commune mesure avec l'évolution dont bénéficie le reste de la

population.

Dans l'étude de l'Insee, Julie Solard montre que si, pour 90 % des Français, la progression de l'ensemble des

revenus (salaires, revenus du patrimoine et du capital) a été légèrement inférieure à 10 % entre 2004 et

2007, elle s'est située entre près de 20 % et 40 % pour les

 

 

" aisés ", " très aisés " et " les plus aisés "

(c'est-àdire

au-delà de 84 500 euros de revenus annuels par unité de consommation, soit l'équivalent de 15 000

euros net par mois pour un couple avec deux enfants).

La forte croissance des revenus du patrimoine (+ 46 % entre 2004 et 2007) et des revenus exceptionnels,

comme les plus-values, les stock-options (+ 55 %), est en partie responsable de ces écarts dans l'évolution

des revenus. Majoritairement touchés par les personnes les plus aisées, ils contribuent

 

 

" à une hausse des

inégalités par le haut "

 

 

, indique l'Insee.

Persistance du décalage

Mais c'est à travers

 

 

" la rapide augmentation des inégalités de salaire "

que se creuse véritablement l'écart

en faveur des plus riches, indiquait Camille Landais il y a trois ans. Julie Solard confirme la tendance. Elle

indique que si, pour l'ensemble de la population, les revenus d'activité (salaires, pensions, revenus

industriels et commerciaux...) ont progressé de 11 % sur la période 2004-2007, ils ont augmenté de + 20 %

pour les " très aisés " et de + 39 % pour les " plus aisés ", deux catégories qui représentent 0,1 % de la

population.

En matière de salaires, la hausse a été de 5,8 % par an entre 2002 et 2007 pour les 1 % de Français les plus

riches, selon l'Insee, quand elle était de 2,3 % par an pour l'ensemble des salariés. Les derniers chiffres

disponibles, portant sur 2008, montrent la persistance de ce décalage. La frange des 1 % des plus fortes

rémunérations (plus de 7 890 euros net par mois) a bénéficié d'une progression de 1,1 %. Pour les 10 % de

salariés les moins bien payés (moins de 1 123 euros net par mois) la hausse a été de 0,8 %.

Philippe Le Coeur

© Le Monde

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