Ce week-end, un homme excédé par le bruit a tiré en l'air avec son fusil pour faire fuir les "voyous" (selon l'expression du Dauphiné).
Chaque été le quartier des Teppes sort de l'anonymat et fait reparler de lui avec ce genre d'incivilités. Et chaque année les choses empirent...
Le problème ? Parfois des rodéos urbains avec motos, scooters et/ou voitures; parfois des pétards; des cris; etc...
Et comme chaque année la réponse des autorités, et en premier lieu de la mairie, est la meme : police et CRS pour circonscrire l'incendie... en attendant l'année suivante !
Une réponse ferme aux incivilités doit etre mise en oeuvre, sans doute aucun. Chacun a le droit au respect et au calme.
Mais la question est bien plus profonde. Et la réponse ne saurait s'arreter à quelques patrouilles supplémentaires de police estivale.
Il faut renouer le fil du dialogue pour permettre un meilleur vivre ensemble. Ce dialogue doit passer par la présence tout au long de l'année de policiers sur le terrain. Or, la police nationale a justement fermé son bureau des Teppes... et la police municipale est beaucoup trop absente. La confiance entre jeunes et police passera par des contacts réguliers et une (re)connaissance commune.
Par ailleurs, il faut réfléchir autrement l'intégration des jeunes dans nos quartiers. C'est l'été, il fait beau et les jeunes sortent pour se retrouver. Quoi de plus normal, au fond. Le problème c'est qu'ils n'ont rien à faire ! Parce qu'à Annecy en été, il n'y a rien à faire de gratuit. Partout en France les villes organisent des festivals d'été, type Quartiers d'été. Partout sauf à Annecy où le point d'orgue de l'été est la fete du lac à 39€ la place. Donc pas pour ces jeunes-là...
Des lieux de rencontres entre jeunes ? Inexistants ! Aucun local. Aucune salle. Aucun lieu d'expression. Le désert.
Pour éviter d'avoir à se poser des questions sur le fond, la ville laisse la situation s'envenimer, dans ce quartier comme ailleurs. Par peur de sa jeunesse, de sa richesse on ne lui offre aucun lieu d'expression.
Les comités de quartier ressemblent de plus en plus à des clubs de retraités. Les MJC font ce qu'elles peuvent avec ce qu'on leur donne. Les lieux de culture alternative se sont embourgeoisés au point de devenir élitistes. Les salles ou locaux pour les jeunes n'existent pas...
On s'étonnera ensuite que la rue soit le dernier lieu où des jeunes qui n'ont pas tous, tous les jours, 3€ à mettre dans une bière au bar du coin, se retrouvent.
Que propose la ville pour les jeunes qui n'ont pas de moyens financiers ?
Ce n'est ni excuser les jeunes qui, comme tous les citoyens doivent respecter les autres et leur calme, ni faire dans l'angélisme. Mais il faut remettre chacun à sa place et devant ses responsabilités. La présence des forces de l'ordre est une réponse à court terme, mais quelle réponse à long terme pour le bien-etre de nos quartiers ?
Par Elus de la Gauche Annécienne



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